Votre paix intérieure est-elle inébranlable ?
Est-elle suffisamment vaste et stable pour accueillir les aléas de la vie ? Ou prend-elle parfois la forme d’un cocon protecteur, certes rassurant, mais potentiellement isolant ?
Sur un chemin de libération et d’éveil, tout autant que sur un chemin de bien-être ou de développement personnel, la paix intérieure est souvent perturbée par les événements extérieurs : notre situation actuelle, les changements ou encore nos relations malmenées.
Pourtant, avec la pratique, elle peut se renforcer et devenir inébranlable, même dans les situations les plus difficiles : quand la peur vous prend aux tripes, quand vous vous trouvez dans une impasse ou encore au cœur d’un conflit.
La paix intérieure n’est pas l’absence d’émotions
Une image permet de comparer la paix intérieure aux profondeurs de l’océan et les émotions aux vagues qui l’agitent.
Même déchaînées, les vagues ne perturbent pas la paix des profondeurs.
Notre paix intérieure n’est donc pas l’expression d’une absence d’émotions ou de difficultés dans notre vie. Elle est, bien au contraire, l’expression d’une stabilité qui demeure malgré les émotions perturbatrices et les situations éprouvantes.
Pleurer, reconnaître ses peurs et observer les pensées qui les accompagnent, tout en demeurant profondément paisible à l’intérieur, peut témoigner d’une certaine clarté et d’une stabilité de l’esprit au milieu de la tempête.
Peut-être paraissez-vous, de l’extérieur, complètement submergé ? C’est ce qui apparaît à la surface : l’expression des vagues. Cette apparence est réelle, mais elle est loin de représenter la totalité de ce qui vit en vous.
Le chemin de la paix travaille en profondeur
Le chemin de la paix ne s’arrête pas aux apparences. Il travaille en profondeur afin que la stabilité intérieure devienne suffisamment forte pour accueillir toute situation, sans rien rejeter, sans rien édulcorer et sans rien cacher — mais sans chercher non plus à devenir insensible à ce qui est vécu.
Voir les choses telles qu’elles sont et demeurer stable à l’intérieur.
Considérer les pleurs, les émotions et les pensées comme des obstacles à la paix peut révéler une stabilité intérieure encore dépendante des circonstances extérieures.
À mesure que la paix s’installe dans les différentes dimensions de notre être, les émotions et les pensées peuvent devenir plus légères, plus brèves et moins envahissantes. Elles n’ont cependant pas besoin de disparaître pour que la paix soit présente.
Dans l’intervalle, les accueillir et les observer reste souvent plus juste que chercher à les faire taire.
Quand la recherche de paix devient un cocon protecteur
Croire que nos réactions sont des obstacles à la paix risque de nourrir une quête d’insensibilité et de nous conduire à nous réfugier dans un espace où plus rien ne nous atteint.
C’est paisible… au début.
Mais cela peut devenir un repli sur soi qui s’organise progressivement : un refuge temporaire, toujours soumis aux aléas de la vie.
Le soi devient alors de plus en plus intolérant. Tout ce qui vient le perturber est perçu comme un obstacle à la paix.
Là où nous cherchions à cultiver la paix, ce sont finalement l’agacement et l’intolérance qui germent.
Si vous ressentez vos émotions, reconnaissez vos pensées récurrentes et pleurez parfois, tout en conservant une forme de paix intérieure, il est possible que vous soyez en train de découvrir une paix plus profonde.
Si cette paix vous semble encore inaccessible, observez en vous ce qui cherche peut-être à se protéger de la vie, de ses hauts et de ses bas.
Cette observation pourra vous permettre, lorsque vous vous sentirez prêt, de sortir du cocon et de retourner au contact de la réalité, sans renoncer au calme intérieur.
Demeurez stable au milieu de la tempête.
Belle journée, paisible si possible, même au milieu de la tourmente.
Christelle Hauteville-Chadorla



